Oh la belle lecture!
Laurence Voïta nous tient en haleine avec une intrigue sur le temps qui passe.
Elle manie à merveille les codes du thriller et du polar, cependant le talent de Laurence Voïta transcende les genres. La belle affaire n’est pas un roman policier mais un roman avec un policier. Commissaire à la retraite, déjà rencontré sous la plume de l’autrice, Bruno n’enquête pas, ou si peu. On le découvre plutôt dans son humanité, entre passé et présent, regrets et espoirs. Histoire de rappeler que les enquêteurs et les enquêtrices sont, finalement, des gens comme tout le monde.
Comme tout le monde, vraiment? Bruno se demande s’il n’a pas fait passer un peu trop son boulot avant le reste, au hasard: son couple. C’est l’heure du bilan, des prises de conscience, et tout ça est décrit avec une tendresse parfois vacharde, une humanité à la fois bienveillante et caustique. Ce n’est pas parce que Laurence Voïta aime ses personnages qu’elle va se priver de les mettre dans des situations inconfortables.
Que de rebondissements dans cette histoire où un ancien hôtel des hauts de la Riviera vaudoise tient la vedette. La belle affaire, c’est celle que croit avoir conclu Paul, décidé à faire renaître le mythique hôtel du Bouquetin qui appartenait à son grand-père. Y arrivera-t-il? Nous suivons les aléas du chantier sous l’œil goguenard de deux sapins, qui se demandent bien comment les humains font pour communiquer, puisqu’ils n’ont pas de racines.
J’ai aimé cette lecture à la fois légère et profonde, et le style élégant de Laurence Voïta. Un beau roman à dévorer ou à savourer, comme je l’ai fait, pour ne pas le refermer trop vite.
Laurence Voïta, La Belle Affaire! Favre, Lausanne, 2026.
Pour recevoir mes coups de cœur et idées de lecture, abonnez-vous à mon infolettre.

