Rire au plus profond de ses failles
Élodie Perrelet livre un récit puissant et fort comme la vie.
La couverture est blanche comme un mur d’hôpital et le premier chapitre offre un long traveling digne d’un film noir. On s’arrêtera là pour les couleurs car, si Rire ou sombrer offre de saisissants contrastes, il explore aussi, merveilleusement, la nuance.
« Heureux les fêlés, disait l’écrivain et conteur Yvan Audouard, car ils laisseront passer la lumière ». Cette béatitude irait comme un gant à l’autrice Élodie Perrelet, tant son récit offre de lumière à qui le lit. Lumière du style, d’abord, dans ce livre où chaque mot paraît comme naturellement tombé du ciel pour se mettre à sa place.
Lumière du propos, ensuite, malgré – ou peut-être à cause – du thème choisi. Rire ou sombrer commence par une hospitalisation forcée dans un hôpital psychiatrique. Très vite, après ce début en forme de coup de poing, le récit évolue vers un hymne à la vie, aux personnes rencontrées, et au rire.
L’autrice réussit le tour de force de nous faire épouser le regard, les sensations, les tourments, les espoirs et les fous rires de sa narratrice. Au lieu de rendre plombant un récit sur la maladie mentale, elle lui donne tant d’humanité et de simplicité qu’il en acquiert une portée universelle.
J’ai infiniment aimé ce livre et l’immense talent d’Élodie Perrelet.
Élodie Perrelet, Rire ou sombrer, ce que la brume fait de moi, BSN Press, 2026.
Pour recevoir mes coups de cœur et idées de lecture, abonnez-vous à mon infolettre.
